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Qui paie la peinture en fin de bail à Genève : locataire ou propriétaire ?
En fin de bail, une même question revient des deux côtés : qui paie la peinture, le locataire ou le propriétaire ? La régie veut un décompte de sortie juste et solide. Le locataire veut payer ce qui lui revient, ni plus, ni moins. Le cadre légal genevois donne des repères clairs aux deux parties, à condition de les lire calmement. Renovhome intervient pour les régies comme pour les particuliers, avec un constat technique neutre et une ventilation lisible des coûts.
Un appartement vide, à Genève, un matin de fin de bail. La lumière rase les murs et révèle chaque trace de meuble, chaque petit trou de cheville. Sur place, une seule question occupe les esprits : qui paie la peinture, le locataire ou le propriétaire ?
La réponse n’est ni « tout au locataire », ni « tout au bailleur ». Elle se lit au cas par cas, avec le bail et l’état des lieux d’entrée. Voici les repères, expliqués simplement, utiles à la régie comme au locataire.
Qui doit repeindre, le locataire ou le propriétaire ? Le principe en une phrase
Le point de départ tient en une idée. À la fin du bail, le locataire rend le logement « dans l’état qui résulte d’un usage conforme au contrat » (art. 267 al. 1 CO).
Autrement dit : un logement utilisé normalement, pas un logement remis à neuf. Le locataire n’a pas à effacer le passage du temps.
Ce qui relève d’un usage normal reste à la charge du propriétaire. Ce qui dépasse l’usage normal peut être mis à la charge du locataire. Toute la question du décompte se joue sur cette frontière.
Pour la lire correctement, deux documents comptent plus que tout : le bail et l’état des lieux d’entrée. Le second, daté et signé, sert de preuve centrale en cas de discussion.
L’usure normale d’un appartement en Suisse : ce que le loyer paie déjà
Le loyer ne sert pas qu’à occuper les lieux. Il est réputé couvrir l’entretien lié à un usage normal. Le vieillissement courant fait donc partie de ce que le bailleur assume.
Quelques exemples parlent d’eux-mêmes. Des traces de meubles sur les murs relèvent de l’usure normale. Une peinture qui ternit avec les années aussi.
À l’inverse, certains dégâts dépassent clairement cet usage. Des parois fortement noircies, des papiers peints crayonnés par des enfants, une poignée arrachée : là, le locataire répond du dommage.
La logique est simple à retenir. Le temps qui passe est pour le bailleur. Le dommage réel est pour le locataire.
La règle des 8 ans et le calcul à la valeur résiduelle
Quand le locataire répond d’un dégât, il ne paie jamais le prix du neuf. Il paie la valeur résiduelle, c’est-à-dire la part de vie qui restait au revêtement.
Le calcul est limpide : coût × (durée de vie restante ÷ durée de vie totale). Un papier peint prévu pour 10 ans, abîmé après 7 ans, se rembourse à 30 %.
Ces durées de vie figurent dans le tableau paritaire des amortissements. Il est établi par la Fédération romande immobilière et l’ASLOCA, et reconnu par l’USPI. Son texte le précise lui-même : il n’a « aucune force contraignante ». C’est un repère indicatif, mais tribunaux et autorités de conciliation s’y réfèrent couramment.
Voici les durées de vie indicatives les plus utiles :
| Revêtement | Durée de vie indicative |
|---|---|
| Peinture dispersion (murs et plafonds, cas courant) | 8 ans |
| Résine alkyde ou synthétique | 15 ans |
| Papier peint de qualité moyenne | 10 ans |
| Peinture huile/synthétique des portes et cadres de portes | 20 ans |
| Émail/huile des cadres et tablettes de fenêtres | 10 ans |
La conséquence est importante pour le décompte. Si la durée de vie est écoulée, la valeur résiduelle est nulle. Une peinture dispersion de plus de 8 ans ne donne en principe lieu à aucune facturation, même si la paroi est marquée.
Pour situer chaque cas, ce second tableau aide à la lecture :
| Situation | À la charge de qui |
|---|---|
| Traces de meubles, peinture qui vieillit | Propriétaire (usure normale) |
| Peinture dispersion de plus de 8 ans, même abîmée | Propriétaire (valeur résiduelle nulle) |
| Dégât réel avant la fin de la durée de vie | Locataire, à la valeur résiduelle |
| Couleur posée sans accord écrit | Locataire (remise en teinte d’origine) |
| Volets, faces extérieures des cadres | Propriétaire (enveloppe, art. 256 CO) |
À lire avec votre bail et votre état des lieux d’entrée : chaque logement a son histoire.
Un décompte de sortie qui tient : côté régie comme côté locataire
Un bon décompte n’est pas un décompte « dur ». C’est un décompte fondé. Calculé à la valeur résiduelle et notifié à temps, il est solide devant l’autorité de conciliation. C’est l’intérêt de la régie autant que du locataire.
Premier point : pas de forfait. Une clause imposant d’avance une indemnité de remise en peinture, sans dommage réel, est nulle (art. 267 al. 2 CO). On ne facture que des dégâts constatés.
Deuxième point : les délais comptent pour tout le monde. À la restitution, le bailleur doit vérifier l’état et aviser immédiatement le locataire des défauts (art. 267a CO). En pratique, on parle de 2 à 3 jours ouvrables ; l’ASLOCA Genève considère qu’une semaine est déjà tardive. Le Tribunal fédéral a jugé tardif un avis donné plus de deux mois après (arrêt 4A_388/2013), avec à la clé la perte du droit de réclamer. Constater et notifier vite est donc un bon réflexe de régie.
Troisième point : la garantie de loyer. Elle ne dépasse pas trois mois de loyer et reste sur un compte au nom du locataire (art. 257e CO). Elle se libère avec l’accord écrit des deux parties, un jugement ou un commandement de payer non frappé d’opposition.
Pour un décompte qui tient : 3 réflexes
- Un constat daté, fait vite après la restitution.
- Chaque poste chiffré à la valeur résiduelle, pas au prix du neuf.
- L’état des lieux d’entrée sous la main, pour comparer avant/après.
Les cas qui basculent vers le locataire : couleur, nicotine, trous
Certaines situations changent la donne et peuvent engager le locataire. Mieux vaut les connaître des deux côtés.
La couleur d’abord. Repeindre les murs en couleur est une modification qui exige le consentement écrit du bailleur (art. 260a CO). Sans accord, le locataire remet la teinte d’origine à ses frais avant de partir. Si le bailleur a consenti par écrit sans réserver la remise en état, il ne peut en principe plus l’exiger.
La nicotine ensuite. Des murs jaunis par la fumée sont considérés par la pratique comme une usure excessive. Le traitement, avec une couche d’apprêt anti-nicotine, peut alors être mis à la charge du locataire.
Les trous de chevilles enfin. En nombre raisonnable et proprement rebouchés, poncés et sans démarcation, ils relèvent de l’usage normal. L’ASLOCA Genève le résume ainsi : on « rebouche les trous mais sans repeindre ». Aucun texte ne fixe un nombre de trous admis, alors méfiez-vous des quotas chiffrés qui circulent.
Pour les boiseries, le choix de finition compte aussi. L’émail des boiseries ne se traite pas comme une dispersion murale, ni en durée de vie, ni en rendu.
Sur les chantiers entre deux locataires, la même logique de ventilation s’applique. Nous l’expliquons en détail dans remise en état entre locataires : qui paie quoi.
Pour les régies, Renovhome apporte un constat technique fiable et une ventilation claire des coûts : entretien à la charge du bailleur, part imputable au locataire, éventuel sinistre. C’est ce qui rend un décompte lisible et défendable. Découvrez notre accompagnement pour les régies immobilières à Genève, ou demandez directement un devis détaillé.
André Brito Lobo, peintre — Renovhome SA, Genève Pour un constat et un devis détaillé qui éclairent votre décompte de sortie : demander un devis gratuit.
Questions fréquentes
À retenir, en bref.
Qui doit repeindre les volets, locataire ou propriétaire ?
Les volets et les faces extérieures des cadres de fenêtres relèvent de l'enveloppe du bâtiment. Leur entretien incombe en principe au bailleur (art. 256 CO), qui doit maintenir la chose louée en état. Le locataire n'a donc pas à repeindre les volets en partant, sauf dégât particulier qui dépasse l'usage normal. À l'intérieur, en revanche, la situation se lit pièce par pièce, avec le bail et l'état des lieux d'entrée.
Le locataire doit-il repeindre avant de partir ?
Non, pas par principe. Le locataire restitue le logement dans l'état qui résulte d'un usage conforme au contrat (art. 267 al. 1 CO), pas un logement fraîchement repeint. L'usure normale liée au temps et à un usage soigneux reste à la charge du bailleur. Le locataire ne doit repeindre que s'il a causé des dégâts excédant l'usage normal, ou s'il a posé une couleur sans accord écrit du bailleur.
Qui doit repeindre la porte d'entrée ?
La peinture huile ou synthétique des portes et des cadres de portes a une durée de vie indicative de 20 ans selon le tableau paritaire des amortissements. Tant que cette durée n'est pas écoulée et qu'aucun dégât n'excède l'usage normal, le locataire n'a rien à repeindre. S'il a réellement abîmé la porte, sa part se calcule à la valeur résiduelle, en tenant compte de l'âge de la peinture.
Si la peinture a plus de huit ans, le locataire paie-t-il quand même les dégâts ?
Pour une peinture dispersion sur murs et plafonds, la durée de vie indicative est de 8 ans. Au-delà, la valeur résiduelle est en principe nulle. Le locataire ne doit alors rien pour cette peinture, même si la paroi est abîmée, car la durée de vie était déjà écoulée. Avant 8 ans, sa part se calcule au prorata des années restantes.
La régie peut-elle retenir la garantie de loyer pour la peinture ?
La garantie de loyer ne dépasse pas trois mois de loyer et reste sur un compte au nom du locataire (art. 257e CO). Elle se libère avec l'accord écrit des deux parties, un jugement ou un commandement de payer non frappé d'opposition. La régie ne peut donc pas la garder seule sur simple décision. Un an après la fin du bail, sans poursuite ni action, le locataire peut en exiger la restitution.
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